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Comment le vent et l'aspiration boostent votre perfomance

5 min reading

Combien d'énergie pouvez-vous économiser en vous abritant derrière quelqu'un pendant une course ? Plus que vous ne l'imaginez. Le drafting est bien connu en cyclisme, où les économies d'énergie peuvent être considérables, mais même en course à pied, la résistance de l'air et le vent ont leur importance. La question est de savoir à quel point cela compte vraiment et si cela vaut la peine de réfléchir à votre position tactique dans le peloton. En cyclisme, les économies d'énergie se situent souvent entre 20 et 40% lorsqu'on roule en pack, ce que vous pouvez explorer plus en détail dans notre article sur Vätternrundan ou jeter un œil à cette étude. Cependant, même si la résistance de l'air représente une moindre partie de l'effort énergétique en course à pied par rapport au cyclisme, un bon positionnement peut vous permettre d'économiser suffisamment d'énergie pour faire la différence dans le dernier kilomètre de la course. 

L'importance de la résistance de l'air en course à pied

Lors d'une course de 5000 mètres, le coût énergétique pour surmonter la résistance de l'air représente environ 2 % à un rythme de 6 min/km et 8 % de la dépense énergétique totale à un rythme de 3 min/km (1). Si l'on compare la course sur tapis roulant et la course en extérieur, une inclinaison de 1º sur un tapis roulant intérieur équivaut à peu près à la course en extérieur en termes de coût énergétique. Cette inclinaison compense approximativement l'énergie supplémentaire que la résistance de l'air nécessite à l'extérieur à des vitesses comprises entre 10 et 18 km/h sur le tapis (3).

Ne sous-estimez pas le rôle du vent dans la course !

L'impact du vent sur les coûts énergétiques

Le coût énergétique de la course varie naturellement selon le poids corporel, l'efficacité de la foulée, et d'autres facteurs. En général, la résistance de l'air augmente de façon exponentielle avec la vitesse : si vous doublez votre vitesse, le coût énergétique pour combattre la résistance de l'air quadruple. Quand la résistance de l'air s'intensifie (à cause d'une vitesse plus élevée ou d'un vent contraire plus fort), nous avons souvent tendance à nous pencher vers l'avant. Cela crée une portance qui "allège" en partie notre poids, ce qui implique que le coût énergétique n'explose pas autant que les chiffres purs pourraient le suggérer.

Cependant, la résistance de l'air ne représente qu'une faible part du total en course, environ 4 à 8 %, alors qu'en cyclisme, elle compte pour 80 à 90 % du coût énergétique total (4).

L'Effet Rafraîchissant du Vent

Jusqu'à présent, nous avons négligé l'effet rafraîchissant du vent, en nous concentrant uniquement sur des aspects biomécaniques. Courir par une journée calme, sans refroidissement éolien, entraîne une élévation de la température corporelle, ce qui ralentit vos performances. Le scénario idéal inclut probablement un vent arrivant légèrement de l'arrière ou de côté, offrant à la fois un léger vent arrière et une sensation de fraîcheur. Une étude (dont nous n'avons pas la référence sous la main) a évalué l'efficacité de la direction du vent pour rafraîchir le corps. Un vent latéral à 2 m/s s'est avéré plus efficace que le vent venant d'en haut, d'en bas, ou à un angle léger par l'avant, etc. Ainsi, lorsque vous courez plus vite que le vent et n'avez pas de vent arrière, un vent latéral peut être le plus efficace pour vous rafraîchir.
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Position stratégique sur le terrain

C'est précisément pourquoi nous écrivons cet article.

En restant quelques pas en arrière dans le peloton, vous économiserez beaucoup d'énergie par rapport à la tête de course. L'énergie économisée peut représenter entre 2 et 4 % pour des allures moyennes et longues distances. Cela peut sembler faible, mais se positionner stratégiquement et économiser son énergie le plus longtemps possible vous place dans une bien meilleure position pour finir en force. Cette économie d'énergie équivaut à accélérer de 5 à 10 secondes par kilomètre si vous courez à une allure de 4 min/km (15 km/h). D'autres calculs montrent que cela se traduit par un gain de temps d'environ 1 à 2 minutes sur 10 km. Et tout cela simplement en évitant de mener le peloton. Qui n'a pas entendu qu'il est plus facile de chasser que d'être chassé ? 🙂

Challenge et tentative de record

En entrant dans les détails, les tentatives de records mondiaux sont souvent réalisées aussi près de l'équateur que possible, où la force gravitationnelle de la Terre est légèrement plus faible. Dans les études menées avant la tentative du marathon Sub2h, ce facteur a été pris en compte. Comparée à Berlin, la force gravitationnelle y est de 0,31 % plus faible à l'équateur. Supporter son propre poids en courant, c'est-à-dire rester debout, représente 74 % de l'énergie dépensée pendant une course. Avec une réduction de 0,31 % de l'énergie nécessaire pour maintenir le poids du corps, nous économisons environ 0,23 % de la consommation totale d'énergie, ce qui, selon leurs calculs, correspond à environ 17 secondes lors d'un marathon. Certes, la piste de Monza est plus proche de l'équateur que Berlin, mais elle reste encore assez éloignée. Un problème là-bas est l'humidité et la température généralement plus élevées, donc les effets négatifs dépassent probablement le léger impact positif de la gravité réduite.

P.S. : N'oubliez pas de sprinter à la fin pour remporter la course !

Le rôle du lièvre pour établir un record

Si nous pouvons maintenir le meneur d'allure sur une plus longue durée pendant la course, je suis convaincu que nous pourrions abaisser les records actuels de quelques secondes simplement grâce à ce facteur dans les marathons officiellement certifiés aujourd'hui. Une approche pourrait être d'utiliser un meneur d'allure pour la première moitié de la course, puis de bénéficier d'un vent arrière pour la seconde moitié. Ce sont souvent les petits détails qui font la différence lorsque les marges sont aussi étroites au sommet.